Le tournant du siècle déploie toute la palette du talent et des contradictions de Verhaeren. Alors que d'un côté, il célèbre l'idéale lumière et la couleur, témoigne d'une profonde espérance en l'avenir humain, de l'autre, il travaille le continent sombre qui le hante depuis toujours à travers le théâtre. Coup sur coup, il compose Le Cloître (1900) et Philippe II (1901), pièces très différentes des Aubes (1898).Immense succès, Le Cloître donne à voir et à entendre la tardive confession publique du parricide commis par Dom BalthazarPhilippe II plonge au coeur de la légende noire qui alimenta en Belgique la conscience nationale et prolonge l'intérêt du Romantisme européen pour la figure de l'infant. Deux pièces marquées par le meurtre et le parricide, donc. Deux pièces mêlant vers et prose. Deux pièces centrées sur le choc des ambitions individuelles et des raisons collectives, qu'il s'impose de redécouvrirEdition critique établie par Michel Otten et Christophe Meurée.